Capsule retour de vacance pour compenser un manque d’assiduité chronique.
Paranoïa: n.f. Perturbation mentale caractérisée par de la suspicion, une tendance à interpréter à outrance motifs et événements.
En juillet dernier nous étions sur la route de Amman au Caire un itinéraire qui nous a fait traverser la Jordanie du nord au sud, la péninsule du Sinaï, pour enfin terminer notre périple au Caire via le canal de Suez. Nous avons rencontré des gens formidables, vu des paysages à couper le souffle et nous avons été dépaysé comme je ne l’avais jamais connu auparavant.
Comme vous le savez, on fait souvent mauvaise publicité aux pays du proche orient; le journal télévisé y étant pour beaucoup dans cette paranoïa collective. Certes, il vaut mieux éviter certain endroit, mais en général malgré les contrôles et une présence militaire omniprésente la région vaut amplement le déplacement.
Cependant, entre Amman et notre destination finale le Caire se dresse un pays: Israël. Nous voilà donc arrivé au poste frontière Yitzhak Rabin à l’extrémité sud du pays, à cet endroit 20 minutes de voiture suffisent pour passer de la Jordanie à l’Egypte à travers ce pays.
Il est 13h30, à Aqaba il fait 45°C. Après avoir payé notre droit de sortie nous nous engageons dans le no mans land qui sépare la Jordanie de l’état hébreu, soit environs 5 minute à pieds. D’un côté comme de l’autre nous sommes observés, la frontières est militarisée et on ne se gène pas de nous le faire savoir.
Devant la gerrite du poste frontière on nous fait passer et on nous dirige vers un bâtiment tout juste derrrière, outre la climatisation qui tranche avec les 45°C de l’extérieur, nous comprenons très bien que nous ne sommes pas les bienvenus. Fouille approfondie, interrogatoire sur mesure, la sécurité est rigoureuse et les douaniers américains comparé à eux font figure d’enfants de coeur ! On nous laisse passer.
Enfin, presque…
Puisqu’un français qui nous accompagne sera retenu et mis à l’écart de notre groupe histoire que les fils d’Abraham puissent en connaître d’avantage sur les origines de notre compagnons, c’est qu’à leurs yeux la réputation de notre ami n’est pas au dessus de tout soupçon. En effet, même en étant français, les origines kabyle de sa famille ne plaisent pas au israëliens. Serait-il un terroriste ? Membre de Al-Quada ? Qui sait ?
C’est là que ça commence, un interrogatoire serré sur le motif de sa présence dans la région, sur son travail, sa religion, des questions sur sa vie privée et j’en passe, pour enfin lui dire qu’on ne le croît pas! Que c’est un menteur, un moins que rien, un indésirable !
Et on recommence…
Ce petit manège durera environs 5 heures ! Le doute plane, peut-être aurez-vous une réponse avant 20h heure à la fermeture de la frontière, peut-être pas… soyez patient vous passerez ou peut-être pas, moment de flottement…
Il était tout à fait hors de question de passer la frontière sans lui, alors nous attendrons, on squate devant les guichets, on joue au dés on essai de détendre l’atmosphère, on passe le temps. Visiblement on dérange, on nous déplace plus loin sous un abris en tôle ondulée, il fait horriblement chaud.
En fin d’après midi ils lui permettront enfin de passer la frontière avec nous et ce, sans lui donner aucune explication sur les 5 heures de foutage de gueules administratifs ! Mais il est rassuré il sait maintenant qu’il n’est pas un terroriste, ils lui ont dit !
Etait-ce de la mauvaise foi ou de la paranoïa ? Un peu des deux mais beacoup de mauvaise foi ça j’en suis certain !
Je suis bien conscient que la situation geopolitique de ce pays est complexe, les guerres successives avec ses différents voisins on fait de l’état hébreux un pays, une entité enclavée en état de panique permanente. Mais j’estime tout de même que dans une telle situation il faut garder à l’esprit une parcelle de gros bon sens, de ne pas sombrer dans la paranoïa et de voir de terroristes derrière chaque touriste qui passe cette frontière.
Le taxi qui nous emmène en direction de du poste frontière de Taba en Egypte, fut un véritable soulagement. Le trajet aura effectivement pris 20 minutes et nous sommes sortie d’Israël sans trop de regret…
Cette aventure a eu l’effet voulu et je ne suis pas prêt de remettre les pieds dans ce pays, je me trompe peut-être mais il est fort à parier que j’irai visiter bien avant les voisins d’Israël qui sont bien plus accueillant !
excellent billet, merci du partage.
Par alexthib le 14 août, 2008
à 15:43
bravo egalement
Par Israel le 17 août, 2008
à 13:31
Merci Alex
Par R E P U B L I Q U E le 18 août, 2008
à 17:47